Heure locale: 02:16
Langue:
Maison / Ouzbekistan / Villes / Chakhrissabz

 
Chakhrissabz doit son nom «la ville verte» aux innombrables jardins et vignobles qui entourent la ville.

La ville se trouve à 658 m d’altitude ce qui explique son climat nettement continental et la quantité de précipitations. Il pleut surtout au printemps et en automne; le temps neigeux est de 22 jours par an. Fondée au VIIe  av. J.-C., la ville était une étape incontournable de la Route de la Soie reliant la Sogdiane  à l’Afghanistan et à l’Inde. Marco Polo était passé par cette route au XIIIs. A l’époque gréco- bactrienne (III ème - II ème  ss. av. J.-C.) la ville était déjà un grand centre écomomique et culturel. Les sources historiques datant de l’époque l’appelai Kesh. Le nom actuel «Chakhrissabz» date du XIVe s. 

La ville serait restée une petite ville provinciale, si elle n’était pas la ville natale d’Amir Timour. Après son avènement au pouvoir, Timour a fait reconstruire la ville en y élevant des ensembles qui dépassaient en beauté toutes les autres villes de l’empire, à l’exception de Samarcande. Des milliers  d’architectes et d’artisans amenés de l’Iran, du Khorezm et des autres pays avaient travaillé jour et nuit pour embellir la ville qui est devenue la seconde capitale de l’empire. On l’appelait «Chakhrissabz la divine».

Malheureusement, au  XVIs. Abdoulla – khan  II, gouverneur de Boukhara, très jaloux de la beauté de Chakhrissabz, l’a fait détruire.

Jusqu’au XXs. la ville a partagé le sort des autres petites villes centrasiatiques, mais les ruines de Chakhrissabz disent long sur la beauté, hélas, disparue de cette ville.

A voir

Ak- Sarail, «le Palais blanc», où  le mot «blanc» est empoyé au sens métaphorique et veut dire «noble» car les couleurs du palais sont bleu foncé et turquoise. Construit sur l’ordre d’Amir  Timour entre 1380 – 1405, la palais frappe d’étonnement le visiteur par ses dimensions et son décor. La hauteur  originelle du portail d’entrée était de plus de 50 m (et de 38 m aujourd’hui) et sa baie avait  20 m de largeur. Le décor en mosaïque aux couleurs blanche, bleu foncé, turquoise représentant des motifs floraux, géométriques et épigraphiques, à juger d’après les parties conservées était, inimaginables.
Ce n’est pas par hasard que la façade du palais portait le texte qui disait: «Que celui qui doute de notre puissance et de notre munificence regarde nos constructions».

Ruy Gonsalez de Clavijo, ambassadeur du roi de la Castille, avait visité Chakhrissabz en aoùt 1404 avant d’être reçu par Amir Timour à Samarcande.
Dorout Tilavat (XIVe - XXe ss.), «Maison de la méditation et de la contemplation», est un ensemble incluant la mosqué du vendredi  «Kok Goumbaz» (XVe s.), deux mausolées, de Shamseddin Koulal  (XIVe s.) et Goumbaz – i – Seyyidan (XVe s.), une médersa et un minaret. Le dôme de la mosquée, posé sur un tambour décoré d’inscriptions en arabe, est gigantesque. La mosquée a une bonne acoustique et son intérieur est décoré de peinture murale aux motifs végétale et épigraphique.

Dorous Siadat, «le siège du Pouvoir et de la Puissance», était conçu comme nécropole des Timourides et pouvait rivaliser de splendeur architecturale avec palais Ak – Sarail. Les seuls rescapés aux  destructions causées par Abdoulla –khan II sont le mausolée du fils aîné de Tamerlan Djahanguir et la crypte du mausolée d’Amir Timour. La crypte est construite en calcaire et ses murs portent des versets du Coran. Le dôme conique du mausolée de Djahanguir doit sa forme aux architectes khorezmiens amenés par Timour à Chakhrissabz après sa quatrième campagne contre le Khorezme. Les travaux de construction ont duré 25 ans, de 1380 à 1405.

Dans  la cour voisine, le touriste curieux découvrira une grande mosquée en activité (retenez- vous de photographier les gens pendant la prière) et  trois beaux platanes: l’âge du plus vieux a dépassé 800 ans. La visite de Chakhrissabz peut être organisée dans le cadre du déplacement Boukhara-Samarcande et vice versa, ou du voyage d’un jour depuis Samarcande. Le voyage Samarcande-Chakhrissabz-Samarcande s’effectue en car ou en voiture par la route de steppe (280km en tout) avec la possibillité de visiter les maisons des villageois ouzbeks, ou bien en voiture par la route de montagne (180km l’aller et le retour) avec la découverte d’une nature sauvage, de petits hameaux perdus dans les montagnes, d’un petit marché aux fruits séchés, plantes médicinales et aphrodisiaques ouzbeks.