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Maison / Ouzbekistan / Villes / Khiva

 
Le désert ... Un grand désert à perte de vue et, d’un coup, une tache verte bordée de rubans bleu et ocre apparait. C’est Khiva, une des plus anciennes villes d’Asie Centrale, Khiva la mystérieuse, une ville aux yeux turquoise qui cache sa beauté derrière des remparts en pisé.

La ville doit son nom selon une légende au puits Kheïvak qui aurait été creusé par Sem, le fils de Noé et  elle était une étape importante des routes caravanières reliant le nord de l’Asie Centrale aux autres pays, dont la Russie et les pays d’Europe.

L’histoire de Khiva fondée au Ve s. av J.-C. est étroitement liée à celle du Khorezm, l’une des plus anciennes oasis civilisées du delta fertile de l’Amou-Daria dont le peuplement et l’agriculture comme mode de vie remontent à la fin du IVe – début IIIe millénaire. Cette histoire rythmait en fonction des périodes d’épanouissement et de décadence du Khorezm. Khiva avait connu tous les événement tragiques que l’Asie Centrale, à une seule exception: la ville n’a jamais vu les phalanges d’Alexandre le Grand. Jusqu’au XIIe s. Khiva était une petite ville bien fortifée. L’invasion mongole au début du XIIIe s. a eu des conséquences tragiques: la ville a été volée, razziée et détruite.

L’essor de Khiva a commencé au XIVe; au XVe s. le rôle politique de la ville accroissait et, dans la première moitié du XVIIe s., elle est devenue la capitale du khanat de Khiva.

La période de la dynastie des Koungrats (début du XIXe s. – debut du XXe s.) était la plus grande heure de Khiva: stabilité politique, essor économique et, comme résultat, de grands travaux de construction.

En 1873, le khan de Khiva Moukhammad Rakhim II a signé le traité reconnaissant le protectorat de la Russie tsariste. Le 27 avril 1920 le peuple insurgé du khanat de Khiva a proclamé la République  Populaire du Khorezm; en 1922 la République Populaire du Khorezm a obtenu le statut de République  soviétique et a été intégrée en 1924, à la République d’Ouzbékistan.

Khiva se situe dans la partie ouest de la province du Khorezm à l’altitude de 100m et est entourée de tous les côtés de désert. Le climat est nettement continental avec un été très sec, chaud et prolongé. La ville est alimentée en eau par le canal Palvan.

Conformément aux traditions médiévales centrasiatiques, Khiva se compose de deux parties: Itchan-Kala, la ville intérieure, recelant plus de 60 monuments d’architecture, et Dichan-Kala, la ville extérieure, où se trouvent bureaux, écoles, établissements de santé publique, etc.

Déclarée par l’UNESCO en 1967 ville-musée, Itchan-Kala, entouré de rempart en pisé, est le noyau historique de la ville. Khiva, ville des contes de «Mille et Une nuits» avec ses minarets, mosquées, appels des muezzins, femmes en costumes traditionnels, innombrables petits magasins, nous plonge dans un passé passionnant.

Le rempart d’Itchan-Kala saute aux yeux le premier lorsqu'on s’approche de la ville. Long de 2200m et haut de 8 à 10m, le rempart est percé de quatre portes toutes orientées vers les parties du monde. Les portes datent  du XIXe s., mais la porte principale, Ota darvoza, «le Père des portes», par laquelle on entre, a été restaurée dans les années 1970. Du côté droit de la porte se dresse le statue du grand mathématicien et astronome Abu Djafar ibn-Musa al-Khorezmi (785-857). Sous la porche de la porte, la caissière, un sourire sur les lèvres, vous propose de payer le droit de photo.

Khiva est une ville multiminaret: il y en a huit. Trois des ces minarets se trouvent dans la ville intérieure, et cinq, dans la ville extérieure. Les minarets de Khiva jouent un grand rôle dans la création des repères spaciaux: ils désignent l’emplacement des grands mosquées, médersas et complexes architecturaux.

Ensemble Muhammad Amin – Khan

L’ensemble a été construit en 1850-1855 sur l’ordre du Khan de Khiva Muhammad Amin – khan II et comprend la médersa portant le nom du gouverneur et le minaret Kalta Minor, «minaret court». Le riche décor en céramique émaillée polychrome de la niche de la façade principale ne laisse pas indifférent le visiteur. La médersa, après des travaux d’aménagement, sert aujourd’hui d’hôtel. Beaucoup de charme! Le minaret, si l’on avait fini sa construction, aurait été le plus haut minaret de l’Asie Centrale. Revêtu de briques émaillées formant des motifs géométriques, il produit une forte impression.

Kounia Ark, «la veille forteresse (résidence)» se trouve du côté nord de la ruelle divisant Itchan Kala en deux parties. Sa construction date du XVIIe au XIXe s. Le premier passage du côté droit de l’entrée conduit à  la mosquée d’été du XIXe s. dont les carreaux de céramique émaillés aux couleurs bleue, turquoise et blanche contrastent avec le plafond au décor réalisé en couleurs ocre, rouge, orange et or. Dans la même cour se trouve un petit musée où les numismates apprécieront les médailles, les pièces et les billets en soie.

La salle de réception, ou salle du trône, offre de belles céramiques aux motifs végétaux et géometriques réalisés dans la gamme de couleurs de Khiva. Le beau plafond en bois peint est porté par trois colonnes en bois ciselé aux motifs islimi.

Les amateurs des photos panoramiques seront au septième ciel devant le panorama de la ville intérieure qui s’ouvrira devant leurs yeux lorsqu’ils seront montés à la tour Ak Cheikh Bobo (le droit de montée est payant).

La petite place devant la résidence était la place centrale où avaient lieux, entre autres, des exécutions. Si cette place pouvait raconter on jour ce qu’elle avait vu!

A l’est de Kounia Ark, se trouve la médersa Moukhammad Rahim-khan II. Elle porte le nom du khan qui est entré dans l’histoire du khanat de Khiva comme «conciliateur» en signant en 1873 le traité reconnaissant le protectorat de la Russie tsariste. C’était un khan-poète et philosophe: Firouz, tel était son mon de plume. Bon vivant comme il était, Moukhammad Rahim-khan voulait imiter les mœurs de l’aristocratie russe: il a commencé à voyager, en Russie surtout; il a appris à fumer. Il a obligé son ministre des Finances à apprendre à jouer du piano à queue et les femmes de son harem à porter les corsets.

Construite en 1871, la médersa respecte le plan traditionnel de ce type d’établissement: une longue façade avec une grande niche octaèdre au centre, deux salles de  deux côtés de l’entrée, une cour intérieure où aujourd’hui se produit un groupe de funambules «Darvoz». Le décor en céramique polychrome de la façade principale ne laisse pas indifférents les visiteurs.

Etant revenu dans la rue principale du côté droit, ne manquez pas de visiter le mausolée de Sayyid Alla ad-din (XIVe s.), lieu de pèlerinage des musulmans de la région. Deux pierres tombales décorées de majoliques sont un véritable chef-d’ œuvre de la céramique du XIVe s.

En continuant la promenade vers l’est, le visiteur curieux découvre la mosquée du Vendredi, «Djouma Masdjidi», avec son minaret. La mosquée principale de Khiva est du type de mosquée apadana, «mosquée couverte, fermée» à cause du climat, peut-être. Les 212 colonnes en bois ciselé et sans ciselure soutiennent le plafond en bois. Vingt-cinq colonnes remontent aux Xe - XIVe ss. La construction de la mosquée date du XVIIe s., celle du minaret, haut de 33m, date du siècle suivant.

Le mausolée de Pakhlavan Mahmoud (début du XIXe s.) est un autre haut lieu de pèlerinage des musulmans du pays. Pahlavan Mahmoud, personnage historique, poète, philosophe et lutteur sans égal, après sa mort en 1325 est devenu le saint patron de Khiva. Sous la dynastie des Koungrats, le tombeau du saint a été reconstruit et un bel ensemble était né. Le lieu du pèlerinage est formé de deux mausolées. Le premier depuis l’entrée qui n’a qu’une seule salle est celui des khans de la dynastie régnante. Le second, à deux salles, salle de prières et salle de tombeau, et le lieu de repos du saint. Les carreaux de céramique émaillés polychromes recouvrant toutes les surfaces sont d’une beauté époustouflante. Pendant la visite du mausolée on peut assister au rituel du pèlerinage.

En face du mausolée de Pakhlavan se trouve la médersa Chirgazi –khan (début du XVIIIe s.) qui abrite un petit musée de la médecine.

En suivant de la direction est on découvre un bel ensemble du début du XXe s, l’ensemble Islam Khodja  qui était le grand vizir du khan-poète et de son fils Asfendiyar. L’ensemble se compose de la médersa Islam Khodja qui abrite qujourd’hui le musée des Arts appliqués, du bâtiment de la première école laïque du khanat de Khiva et du plus haut minaret de la ville portant le nom du vizir. Avec ses 44,5m de hauteur et sa forme élancée, le minaret produit une forte impression. La fin de l’après –midi est le meilleur moment pour photographier cette merveille. Sans quitter la directeur est les infatigables arriveront, en passant devant la Mosquée Blanche, «Ak Masdjidi» (XIXe s.), du côté droit et la médersa Kout-loug Mourad-inak (XIXe s.), à la porte est, «Palvan Darvoza» (XIXe s.) derrière laquelle se trouve  aujourd’hui une mosquée en activité.

En tournant à gauche depuis la mosquée Blanche, on découvre la médersa Allakouli – khan (XIXe s.) dont la beauté due aux carreaux de céramique de la façade vous coupe le souffle. La petite ruelle mène les visiteurs à Tach khaouli, «palais de pierre» qui était la nouvelle résidence des khans de Khiva. Commencés en 1830, les travaux étaient achevés en 1838. La résidence se composait de la salle de réception, «Ichrat-khaouli», de la Cour de Justice, «Arz Khaouli», du harem et de 163 pièces. Le harem est le fleuron de la résidence. Cinq grandes niches, «iwan», revêtues de carreaux de céramique où la couleur bleue domine, donnent accès aux appartements du khan et de ses quatre  épouses. Les colonnes en bois cisélées dans les traditions locales soutiennent cinq plafonds réalisés aux techniques et motifs différentes.

Dans la ville intérieure méritent d’être visités:
  • la mosquée Bogbonly (1809);
  • le mausolée Outch Ovliay (XVIe s.);
  • l’atelier des ciseleurs sur bois
Dichan Kala, la ville extérieure, offre aux touristes insatiables:
  • la mosquée Sayd Cheliker –biy (1842) qui  se trouve derrière la porte est  à coté du marché et dont les muezzins rappellent aux musulmans leur devoir sacré;
  • l’ensemble  Bika Djan Bika (1894), près de la porte ouest;
  • le palais d’été Koubla Toza Bog (fin XIXe s.), à 2 km de Khiva;
  • le marché aux fruits, légumes, sucreries, tissus, vêtements....un petit pêle –mêle à la sortie de la ville par la porte est.